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”Petites et grandes histoires de Bollène” : Arthur Caillet

Arthur Caillet

”Petites et grandes histoires de Bollène” : Arthur Caillet

💬 Le Facebook de la ville inaugure une nouvelle chronique que vous retrouverez occasionnellement sur notre page !
Ces chroniques vous permettront de découvrir ou de redécouvrir des portraits de Bollénois, de parfaire vos connaissances sur notre patrimoine communal, ou encore de plonger dans l’histoire de notre ville.
Pour cette première chronique, nous partons à la découverte d’Arthur Caillet, un instituteur bollénois, combattant de la première guerre mondiale 1914-1918. 💬

👨‍🦲 QUI ÉTAIT ARTHUR CAILLET ?

François Joseph Arthur Caillet est né le 3 décembre 1880 au Beaucet. Il se marie le 3 août 1910 avec Antonia Tailleu à Bollène où ils vivent Rue du Saint-Sacrement et Rue du Presbytère (aujourd’hui Place des Récollets)*.
Connu pour avoir exercé le métier d’instituteur adjoint à Bollène, il décède accidentellement en 1960, renversé par un car scolaire alors qu’il circulait à bicyclette.
* (De nos jours, à la place de son ancienne résidence, on retrouve la boutique La Rayure et le futur restaurant Le petit Pois).

François Joseph Arthur Caillet, avant d’accomplir sa carrière enseignant dans notre ville, fut mobilisé durant la première guerre mondiale 1914-1918. De sa vie dans les tranchées aux horreurs de la guerre, il en rédigera un carnet de bord intitulé « Mon odyssée pendant la campagne 1914-1918 »

📓 « MON ODYSSÉE PENDANT LA CAMPAGNE 1914-1918 » D’ARTHUR CAILLET :

Il est incorporé le 2 août 1914 : départ de Bollène pour la caserne d’Avignon jusqu’au 13 octobre 1914 : son départ pour le front.
Il sera démobilisé le 20 février 1919.

Le journal (dimensions : 18 x 23 cm) a été offert à la mairie de Bollène le 19 avril 2005 par la famille Caillet. La mairie a fait tout pour retrouver les descendants d’Arthur Caillet. Lors de la cérémonie du 11 novembre 2006, au monument aux morts de la ville, deux exemplaires ont été remis à ses petites filles, 88 ans plus tard.

Le journal « Mon odyssée pendant la campagne 1914-1918 », raconte son vécu au quotidien. Le style est concis avec de nombreux détails, des annotations inscrites en marge. C’est un journal de bord où il explique au jour le jour sa vie sur le front. Il ne s’apitoie jamais et relate avec force et détails la vie des poilus dans les tranchées de Verdun.

📰 Extraits choisis :

SA VIE QUOTIDIENNE :

Manger :
26 janvier 1915 : « … Tranchée N. Vu là 2 macchabées couchés sur le ventre à portée de la main au dessus de la tranchée. Et dire que des soldats doivent stationner là, manger là ! !…. »

Etat de fatigue :
12 Avril 1915 : « Je vais à la visite. Reconnu 38°3 de fièvre. Je me rends avec tout mon fourbi au poste de secours où je grelotte sans cesse. »
13 Avril 1915 : « 38° de fièvre le matin 39°3 le soir. Je prends une purge et un peu de bouillon et 1/4 de vin.. très agité la nuit pas dormi mais pas eu froid. »

Les permissions :
14 février 1916 : « … Chamalières… il m’est accordé 40 jours de convalescence »
18 février 1916 : « Je retrouve enfin ma famille bien portante ….. Peu après mon arrivée à Bollène les « boches » tentent une terrible offensive à Verdun …. »

📓 SUR LE FRONT

Les affrontements :

📆 6 Avril 1915 : « Pluie, boue horrible. Embourbé jusqu’à mi-mollets ….Fusillades canonnades …. On dit qu’hier les français ont pris une tranchée « boche » mais que les « boches » l’ont reprise. Les trois quart d’un bataillon colonial hors de combat. Nous ne savons rien de précis ? ? ? vers onze heures matin je vais avec des camarades voir à 150 m environ de ma cahute, un cimetière de soldats. Deux grandes fosses étaient garnies de macchabées dans toutes positions et nageant dans l’eau verte. Une quinzaine peut-être sont là depuis je ne sais combien de jours ? Puants !!! On attend que les fosses soient pleines pour les combler. Un cadavre « boche » à côté niveau du sol. Tableau macabre ! Impressionnant, écœurant !! La pluie cesse un peu dans la journée. Du soleil. Migraine. On n’a pas besoin de nous pour renforcer. Tant mieux ! »

📆 14 juillet 1916 : « … Les « boches » bombardent un peu partout ….La cahute, des bombardiers est effondrée … Nous avons peur ! Bombardements terribles intenses pendant 3 h: A 4 h la 21° et la 3° section de notre compagnie exécutent une vaine fusillade. Des obus rappliquent sur nous. Le cauchemar cesse enfin au bout d’une 1/2 heure. Des morts, des blessés…. »

La relève :
📆 1er mai 1917 : « … Rafales plus ou moins fortes la journée. Chasse aux totos ! ! !Sommes relevés à 10h du soir. Des bus rappliquent pendant que je déambule dans le boyau. Embouteillage ! Bref je rejoins enfin la cie aux abords d’Hermonville. Un soldat blessé aux reins par éclat d’obus derrière moi dans le boyau. »

📝 LE LEXIQUE DE CAILLET :

– Boches (6 avril 1915) : surnom des allemands durant la guerre
– Canonnades (6 avril 1915) : Tirs simultanés ou successifs de plusieurs coups de canons.
– Tohu-bohu (6 avril 1915) : Désordre, vacarme.
– Pilule d’opium (14 avril 1915) : Stupéfiant, durant la guerre les soldats se servait de drogue pour tenir physiquement et psychologiquement.
– Boyaux (13 juillet 1916) : Lieu où l’on peut se mettre à l’abri du danger et/ou des intempéries.
– Permission (2 novembre 1916) : Les soldats bénéficiant d’un congé temporaire leur permettant de rentrer chez eux pour quelques jours, pendant le premier conflit mondial.

Retrouvez ci-dessous le lien pour découvrir l’ensemble de l’histoire d’Arthur Caillet :
http://archives.ville-bollene.fr/…/Web_RegistreAr…/ILUMP8728


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